L'IA au quotidien dans la maison et dans la vie

 

Un robot qui danse, fait la vaisselle, ou soigne les malades…Non ce n’est déjà plus vraiment la science-fiction. Les machines intelligentes feront bientôt parti de notre vie quotidienne. Mais si un jour, elles se retournaient contre nous ?!

 

                        Février 2009, dans un bureau à Paris. Nao lève les yeux et regarde Paul. Il a reconnu le pin’s que porte le monsieur à son vêtement. Le petit adresse la parole à Paul : « Tu as mon badge ! »

Paul est émerveillé, comme on peut l’être devant les premières phrases d’un enfant. Sauf que Nao n’est pas de chair et de sang : C’est un robot ! Pas le genre Terminator, non… Plutôt un Pinocchio qui fait son show dans les locaux de la société Aldebran Robotics. C’est la que Paul, un homme politique local, est venu voir de ses propres yeux ce robot made in France, bientôt commercialisé dans le monde entier. Pourquoi vous parler de Nao ? Parce qu’il annonce un véritable raz de marée : celui du robot de compagnie. La première vague de ce Tsunami est en train de déferler, celle des machines «  de divertissement ». A l’instar de Nao, elle danse, joue n’importe quelle musique à la demande. Voir même (c’est plus utile) vous fait réviser vos cours d’anglais.

 

A la deuxième vague, vers 2020, les fées du logis seront à l’honneur : ces androïdes seront capables de faire le ménage, la vaisselle, le rangement. Et à l’horizon 2050 ou 2060, d’autres machines prendront soin des malades comme de vrais infirmiers. Bref, l’avenir appartient aux Robots. Et il n’y a pas que chez Aldebaran qu’on le dit. Au japon comme en Corée du Sud, on est sur la même longueur d’onde. Là-bas, la recherche robotique avance à grands pas… Et à coup de millions d’Euros et d’investissements. L’objectif des scientifiques asiatiques : que le premier androïde grand public soit disponible dans le commerce d’ici 10 ans. Son prix devrait rester abordable, on parle de 7 000 ou 8 000 euros, afin que chaque foyer puisse s’en offrir un. Bref, l’idée d’une société ou pullulent les robots : ce n’est plus de la Science-fiction, à peine de l’anticipation. Evidemment c’est la que ça se corse. Car dans tous les récits futuristes ou les androïdes sont omniprésents, il y a toujours un moment ou ils « pètent les plombs » et se retournent contre nous.

 

Pas assez « intelligents »

 

Pareil retournement pourrait il survenir en vrai ? L’hypothèse provoque un haussement d’épaule des scientifiques : « les robots sont incapables d’improvisation, ce sont des outils, ils ne font que ce pour quoi ils sont programmés » (Bastien Parent, responsable de la communication d’Aldebran) Facon de dire que les robots sont trop bêtes pour avoir une initiative dangereuse. Aujourd’hui c’est vrai, sans aucun doute. Mais demain ? Et bien justement, demain, ce ne seront plus de simples exécutants, mais des machines capables d’initiative. Parce qu’elles seront devenues infiniment plus dégourdies. Ainsi, dans un récent article de la revue « Scientific American », le chercheur américain Hant Morabec pronostique qu’en 2050, l’Intelligence des robots sera comparable à …. Celle des hommes ! Pour arriver à cette conclusion, ce spécialiste est parti d’une simple constatation : un robot, c’est un ordinateur sur pattes. Donc, son QI est directement relié à la puissance de ses calculateurs. Or cette capacité a explosée en très peu de temps ! Au temps héroïque de l’informatique dans les années 70, les ordinateurs effectuaient 1 million d’instruction par seconde. Bref, ils ramaient comme des bêtes. Aujourd’hui un bon portable en abat 10 milliards par seconde ! Dis comme ça, le chiffre peut donner le vertige. Comparé aux capacités d’une cervelle animale, ça donne un robot pas plus futé qu’un petit poisson. « Mais à ce rythme de progression, nous aurons dans une vingtaine d’année des machines capables d’exécuter 100 000 milliards d’instructions par seconde. De quoi rivaliser enfin avec l’intelligence humaine. » dis Hant Morabec. Finis les robots crétins, qui jouent les disques rayés butant encore et toujours sur les mêmes obstacles. Au contraire, les machines de l’avenir seront munies de puissantes cervelles : elles pourront analyser des situations inattendues et agir en conséquence. Imaginer ainsi un robot qui se déplace dans une cuisine. Et soudain, Boum ! il fait tomber un vase. Grâce au bruit de l’objet qui se brise au sol, la machine détecte aussitôt l’accident. Que s’est il passé ? Les circuits électroniques de l’androïde se mettent en marche : il revient sur les dernières secondes pour comprendre son  erreur. « Le vase était posé sur le meuble.je suis passé près du meuble. J’ai donc heurté le meuble ou le vase en passant. Conclusion : il faut que je laisse davantage de distance entre les meubles et moi. » Pour le dire autrement, ce robot est capable de s’auto paramétrer. Pas de générer lui-même les lignes de code informatique qui fourmillent dans son cerveau, non, mais de changer les variables dans les programmes qui conditionnent son fonctionnement, comme ici, la distance qu’il doit laisser entre lui et les murs. Le robot pourra aussi télécharger, via le web, les logiciels qui lui font défaut.

Problème : qui dit programme, dit souvent erreur d’exécution. Que se passerait-il si un bug parasitait le fonctionnement du robot ? Vous savez, comme ces virus qui inversent le mouvement du curseur de votre écran d’ordinateur. L’androïde atteint d’un tel mal deviendrait aussi agressif qu’un pit bull enragé et aussi imprévisible que Jean-Luc De La Rue pendant un direct. Franchement, quand on voit la crème de la robotique actuelle, on en frémit d’avance. Prenez HRP-3, un robot japonais vraiment avant-gardiste. Il suffit de le voir jouer de la perceuse pour croiser les doigts en espérant que jamais il n’essayera de faire des trous ailleurs que dans du bois ou de l’acier.

 

Les bugs.

Seulement pour les chercheurs, espérer ne suffit pas. Dès aujourd’hui, ils essayent de trouver les solutions pour que ces robots, destinés à vivre avec nous, ne puissent pas nuire aux humains. Un fantastique défi, qui tarabustait déjà, dans les années 1940, l’auteur de Science-fiction Isaac Asimov. Dans son livre,  les robots, il avait imaginé implanter dans les androïdes une sorte de code de bonne conduite. IL s’agissait des 3 règles simples, censées englober tous les cas de figure où les robots menacent les humains.

1 - Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger.

2 – Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la première loi.

3 – Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n’est pas en contradiction avec la première ou la deuxième loi.

A la moindre infraction à l’une de ces règles, crac ! Le robot s’arrêtait de fonctionner…Aujourd’hui, ces lois sont connues par tous les spécialistes de la robotique. Le problème, c’est qu’il est très compliqué de les traduire en lignes de codes. Car dans un programme informatique, les propositions successives sont binaires : on y répond par oui ou par non. Le robot descend ou il monte, il va à droite ou a gauche. Pas d’entre-deux. Et les fameuses trois lois, n’autorisent pas de réponses aussi tranchées. Prenez celle ou Asimov précise qu’un robot doit « protéger son existence ». Mais c’est quoi, « l’existence » d’un robot ? Comment une machine peut elle avoir conscience de son existence ? … Il faut donc trouver autre chose, et c’est bien ce à quoi on s’attelle aujourd’hui au Japon et en Corée du Sud. Là-bas, des spécialistes rédigent actuellement les règles de fonctionnement qui rendront les robots inoffensifs. On vous prévient tout de suite : ça ne tiendra pas en trois lois. Au Japon, l’une des récentes versions de travail du document faisait 60 pages ! Bien sûr, les auteurs ont prévu d’équiper ces machines de tous les capteurs possibles et imaginables. Des capteurs d’effort par exemple : grâce à eux, un robot pourra serrer la main d’un homme sans lui broyer ! Reste que les auteurs de ces textes admettent que, même avec de telles précautions, des accidents surviendront. On s’achemine donc vers une sorte de catalogue de recommandations, qui se traduiront par des programmes dictant le comportement des robots. Ces logiciels seront amendés et perfectionnés en permanence par les roboticiens du monde entier. Dès qu’un problème surviendra avec l’une ou l’autre de ces machines, la victime et ses proches signaleront les circonstances de l’évènement dans une immense base de données, accessible à tous les utilisateurs. Ainsi, un chercheur français pourrait trouver la solution pour un problème que pose un androïde chinois et vice versa. Des solutions qui prendront la forme de fichiers informatiques que les robots pourront télécharger pour se mettre à jour et se sécuriser, comme on le fait aujourd’hui avec les logiciels des ordinateurs. De quoi limiter au maximum la menace robotique. Enfin pas totalement... Car on ne pourra jamais empêcher l’utilisation criminelle des robots par l’homme. Comme le soulignait Bastien (d’Aldebaran), les robots ne sont que des outils. Et des tueur psychopathe ou mari jaloux pourront toujours les détourner de leur mission et les transformer en machine à tuer. On aura beau faire, ce risque demeurera. Car l’homme, avec ou sans robots, lui, ne change pas…

 

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